Les voitures autonomes commencent à arriver sur nos routes et avec elles un grand nombre de questions à la fois pour les futurs utilisateurs et l’ensemble du secteur automobile. L’enjeu est en effet de taille car de nombreuses technologies sont employées pour assurer le fonctionnement autonome et avec elles s’accompagne la vision stratégique propre à chaque constructeur.

Google par exemple travaille sur une voiture entièrement autonome depuis 2009 et a développé son premier prototype en décembre 2014, tandis que Tesla adopte une stratégie plus progressive avec son système « autopilot » disponible en option et qui permet à la voiture de conduire de manière entièrement automatique dans certaines situations.

Les formes d’autonomie d’un véhicule sont définies par différents organismes aux Etat-Unis tels que la SAE international (Society of Automotive Engineers’) et la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) et l’OICA (Organisation internationale des constructeurs automobiles) pour la France. Chaque organisme propose son propre classement par niveau d’intelligence avec beaucoup de similitudes. Le classement de la SAE international est l’un des plus utilisés et propose un système en 6 niveaux d’intelligence suivant différents scénarios.

Les 6 niveaux d’intelligence d’un véhicule

0 - Aucune automatisation
1- Assistance conducteur
2 - Automatisation partielle
3 - Automatisation conditionnelle
4 - Automatisation élevée
5 - Automatisation totale

NIVEAU 0 – Aucune automatisation : Le conducteur est entièrement responsable de la conduite du véhicule. Il peut être aidé par des aides à la conduite et systèmes d’alertes comme l’ABS, l’ESP ou alertes collisions.

NIVEAU 1 – Assistance conducteur : Le conducteur peut être aidé soit par une assistance qui influe sur la direction ou la vitesse du véhicule, et non sur les deux à la fois. On parle d’assistances comme le régulateur de vitesse, le freinage d’urgence automatique ou bien le maintien dans la voie. Le conducteur doit pouvoir reprendre le contrôle du véhicule à tout moment.

NIVEAU 2 – Automatisation partielle : Le conducteur peut cumuler des assistances qui permettent à la fois le contrôle de la vitesse et de la trajectoire comme l’utilisation cumulée d’un régulateur de vitesse et d’un système de maintien dans la voie. Le conducteur doit pouvoir reprendre le contrôle du véhicule à tout moment.

NIVAU 3 – Automatisation conditionnelle : Le système peut désormais prendre le contrôle du véhicule durant des phases prédéfinies. Le véhicule est capable de détecter dans quel type d’environnement il est capable de rouler de manière autonome et doit prévenir le conducteur lorsqu’il n’est plus capable d’opérer seul. Le conducteur doit pouvoir reprendre le contrôle du véhicule à tout moment. Le système autopilote de Tesla représente bien l’automatisation conditionnelle.

NIVEAU 4 – Automatisation élevée : Comme pour le niveau 3, l’automatisation s’effectue uniquement dans des phases prédéfinies mais désormais le conducteur n’a plus l’obligation de reprendre le contrôle du véhicule à tout moment. BMW propose déjà ce niveau d’automatisation sur la nouvelle série 7 avec une fonction qui permet à la voiture de se garer ou de sortir d’un garage de façon autonome avec simple contrôle depuis la clé de contact.

NIVEAU 5 – Automatisation totale : Un conducteur n’est plus requis et le poste de pilotage est optionnel. Le système doit être capable d’opérer le véhicule sans aucune limitation comme le ferait un être humain. Le dernier prototype de Google est sensé proposer ce type d’automatisation.

L’importance des niveaux d’automatisation

Comme je l’ai évoqué en introduction, les niveaux d’intelligence d’un véhicule sont essentiels pour les constructeurs automobiles afin d’établir leur stratégie. Ford vient par exemple d’annoncer un plan ambitieux pour produire des véhicules entièrement autonomes à l’horizon 2021. Leurs voitures, à l’instar du prototype Google, n’auront ni pédales, ni volant et aucun conducteur ne sera nécessaire. Cette annonce est intéressante, car contrairement à Citroën et d’autres constructeurs qui cherchent à automatiser leurs voitures de manière progressive en passant par différentes étapes, Ford veut directement proposer des véhicules entièrement autonomes.

Selon le cabinet de conseil KPMG, la voiture autonome permettrait d’éviter 80% des accidents d’ici 2040, c’est donc aussi un sujet essentiel pour les compagnies d’assurances qui vont devoir ajuster leurs tarifs et prestations en fonction du niveau d’autonomie de chaque véhicule.

Premier accident mortel incluant le mode autopilote de Tesla

La législation sera probablement elle aussi impactée. Le 7 mai 2016, le premier accident mortel incluant le mode autopilote de Tesla a eu lieu en Floride aux Etats-Unis. La NHTSA enquête actuellement pour savoir si le système est en faute ou non, car vient également s’ajouter l’épineuse question de la responsabilité en cas d’accident. Pour l’instant les constructeurs se protègent en indiquant à leurs clients de garder en toutes circonstances leurs mains sur le volant.

Et c’est bien là tout le problème des modes autonomes que l’on rencontre actuellement. Il faut à la fois laisser la voiture conduire à votre place tout en étant prêt à intervenir à chaque instant. Un état schizophrénique qu’il paraît difficile d’allier avec le confort et la sérénité pourtant nécessaire pour rouler en sécurité.

Pour pallier ce problème, de nouvelles villes entièrement fictives ont vus le jour aux Etats-Unis. Les constructeurs automobiles traditionnels se sont en effet liés avec des entreprises High-Tech comme Apple et Google intéressées par ce nouveau marché afin de tester les futurs véhicules autonomes de demain.

Même s’il faudra du temps pour que ce type de véhicule soit opérationnel sur toutes nos routes et en toutes conditions, les jours de la traditionnelle « bonne vieille caisse » semblent désormais se compter.